- S'adapter aux nouvelles formes du travail. Pour AXA l'enjeu est de taille et il est au coeur de la stratégie de l'entreprise depuis plusieurs années. C'est dans ce contexte que l'assureur français vient de nouer un partenariat avec Uber France afin de lui fournir dès cet automne des prestations dans « la prise en charge, en cas d'accident, des coûts des soins, dans l'indemnisation en cas d'incapacité ainsi que l'indemnisation des ayants droit en cas de décès », indique le groupe dans un communiqué. 


« Pour nous, l'enjeu est de proposer des produits d'assurances qui répondent aux besoins de ces nouvelles formes de travail. Uber est emblématique de la nouvelle économie. Il faut penser des produits adaptés pour ces travailleurs indépendants du numérique », indique-t-on chez AXA.

La transformation digitale et les nouveaux usages sont des sujets sur lequel le géant français de l'assurance s'est déjà illustré, en nouant notamment, au printemps 2014, un partenariat stratégique avec Facebook. Puis, en 2016, en s'alliant à la plateforme de distribution chinoise ALIBABA.


* Rester à la pointe


- Le coût des assurances fournies par AXA sera pris en charge par Uber, qui ne le répercutera pas sur ses chauffeurs. «Il faut des produits d'assurances adaptés et calibrés selon le rythme de travail des chauffeurs », précise l'assureur. 


Ce partenariat s'inscrit dans la volontéd'AXA d'être de plus en plus agile pour faire face à ces nouveaux clients potentiels et aux nouveaux produits qu'il faut leur fournir. 


«Les comportements changent vite. Avec le développement des voitures autonomes, il va falloir faire évoluer les produits d'assurances d'auto. Les sinistres devraient être de moins en moins nombreux car la majeure partie des accidents sont dus à une erreur humaine. En revanche, ces sinistres pourraient être de plus en plus coûteux en raison de la valeur de la technologie embarquée, sans compter le risque de piratage informatique de grande ampleur», fait savoir le groupe. 

Pour faire de cette volonté une réalité, AXA a notamment mis en place un incubateur de start-up ainsi qu'un fonds de capital risque destiné à financer les entreprises innovantes.


* L'intérêt d'Uber


Uber, de son côté, veut démontrer qu'il prend soin de ses «partenaires», et redorer sa réputation, mise à mal par le conflit avec une partie de chauffeurs en décembre dernier. 


Le dispositif proposée ne pourra toutefois, à court terme, n'intéresser qu'une minorité de VTC : les deux-tiers des chauffeurs exercent en effet sous le statut de Loti, en théorie réservé au transport collectif, et ne sont de ce fait pas des travailleurs indépendants, mais des salariés. 


Ce détournement de la réglementation doit en théorie disparaître à la fin de l'année, mais la majorité des chauffeurs est persuadée que le gouvernement leur accordera un nouveau délai